Les investisseurs qui recherchent des liquidités et de faibles ratios de frais de gestion obtiennent parfois beaucoup moins que prévu avec les FNB (fonds négociés en bourse).

Les détails sur les FNB de titres à revenu fixe

Par nécessité, la gestion passive des titres à revenu fixe est beaucoup moins passive que celle des actions. Une part d’IBM devrait être la même dans vingt ans. En comparaison, les obligations sont des « métamorphes ». Après quatre ans, une obligation de cinq ans devient une obligation du marché monétaire. De nombreuses obligations sont assujetties à des clauses d’achat, ce qui signifie que si elles sont à l’avantage de l’émetteur (ou au détriment de l’investisseur), elles seront refinancées. En 2007 et en 2013, des périodes d’émission « à clauses allégées », un titre que les investisseurs envisageaient d’acheter pouvait être lourdement atteint si de nouveaux titres de créance étaient émis ultérieurement et que ceux-ci étaient assortis d’une garantie de meilleur rang. Essentiellement, il est inévitable que les placements fassent l’objet d’une certaine gestion active.

Une gestion passive rigoureuse ne fait que transférer la responsabilité de la gestion des investissements au créateur de l’indice. La plupart des indices sont pondérés en fonction de la valeur marchande, ce qui signifie que l’entité qui émet le plus de titres de créance aura le poids le plus élevé dans l’indice. Par définition, un FNB mondial de titres à revenu fixe comportera le plus de titres des pays les plus endettés, ce qui est contradictoire à la règle générale selon laquelle les bons investissements sont ceux basés sur le concept de la rareté.

Qui utilise les FNB et pourquoi?

De nombreux investisseurs utilisent les FNB comme instrument permettant une répartition d’actifs plus facile et flexible. Un investisseur qui décide de convertir 20 % de son portefeuille d’actions en obligations peut y parvenir en quelques clics de souris qui le mèneront dans le « monde des FNB ». Malheureusement pour les investisseurs de FNB, cela oblige le gestionnaire du fonds à maintenir des actifs très liquides, car il est impossible pour lui de savoir quand un retrait sera effectué. À titre d’exemple, les obligations d’État sont les placements à revenu fixe les plus liquides qui, bien entendu, ont le rendement le PLUS BAS.

Les inconvénients des FNB

Même le plus bref examen des marchés financiers permet de constater que les prix fluctuent énormément selon les vagues successives d’optimisme et de pessimisme. Le prix des obligations change moins que celui des actions, mais tout de même de manière significative. Le corollaire malheureux est que les fonds seront versés dans les FNB après une forte hausse des marchés et un retrait proche des creux cycliques. Cela est particulièrement néfaste pour l’investissement à revenu fixe, car les crédits de moindre qualité peuvent plus facilement émettre des titres de créance lorsque l’optimisme règne – exactement au moment où les FNB recevront les entrées les plus importantes. Lorsque les fonds sont retirés pendant le ralentissement inévitable, le gestionnaire sera contraint de vendre lorsque les prix de ces crédits de moindre qualité baissent plus rapidement (ou en raison d’un manque d’acheteurs consentants).

Dépendamment de la portée du mandat du FNB, la probabilité de fortes fluctuations des flux de fonds varie ; plus la définition est étroite, plus le flux de fonds risque d’être important. Un fonds axé uniquement sur des « obligations à haut risque » peut subir des entrées massives par les investisseurs cherchant désespérément le rendement, et peut être ramené à zéro lorsque le vent tourne : une formule menant à un investissement à la fois très volatil et désastreux!

L’effet réel de ces considérations est imprévisible, car il dépend d’une combinaison de facteurs : l’environnement du marché, le mandat du fonds, la compétence du gestionnaire et la discipline de l’acheteur en matière d’achat et de vente. Essentiellement, chaque investisseur doit savoir que l’investissement dans les FNB de titres à revenu fixe est différent des structures de suivi des indices boursiers à large base qui ont déclenché le boom des FNB au début des années 1990.