Le marché des actions privilégiées a été volatil en avril, l’indice de rendement global des actions privilégiées S&P/TSX (« l’indice ») ayant reculé de 7,04 %. Les titres de série F du Fonds de dividendes d’actions privilégiées Lysander-Slater (le « Fonds ») et le Fonds d’actions privilégiées ActivEFT Lysander-Slater (le « FNB ») ont perdu 7,07 % et 7,02 %, respectivement, sur la base du rendement total.

Le rendement des obligations canadiennes à 5 ans a continué d’augmenter et a atteint un sommet de 2,87 % avant de terminer le mois à 2,77 %. La Banque du Canada a relevé son taux à un jour de 50 points de base pour le porter à 1 %, et elle devrait l’augmenter de 50 à 100 points de base d’ici la fin de l’été. Fondamentalement, l’économie canadienne continue d’afficher sa solidité, le taux de chômage ayant atteint en mars son niveau le plus bas de l’ère moderne, soit 5,3 %, et les prix du pétrole brut WTI continuent d’osciller au-dessus de 100 dollars américains le baril.

Étant donné que la hausse des taux d’intérêt et la vigueur des prix des matières premières devraient favoriser les actions privilégiées canadiennes en raison de leurs clauses de rajustement des coupons, vous vous demandez peut-être pourquoi les résultats obtenus dans le secteur au cours du mois d’avril ont été si décevants.

Nous pensons que la plupart des dommages proviennent de la vente algorithmique de FNB. Selon Bloomberg, les FNB d’actions privilégiées ont enregistré des rachats nets d’environ 212 millions de dollars en mars et 172 millions de dollars en avril. Ces chiffres sont à comparer à des achats nets de 32 millions de dollars en janvier et de 6 millions de dollars en février 20221. Pour faciliter les rachats de FNB, les courtiers de FNB désignés doivent vendre immédiatement les avoirs sous-jacents, peu importe leur prix. Sur le marché relativement illiquide des actions privilégiées, ce type de vente à grande échelle entraîne une forte volatilité.

Le 25 mai 2022, la Banque de Montréal a appelé au rachat au comptant de ses actions privilégiées à taux fixe de 4,5 %, d’une valeur de 500 millions de dollars (BMO.PR.C)2. Nous estimons que les banques a) rachèteront leurs actions privilégiées en circulation restantes à la première occasion et b) ont l’intention de transférer ce capital hors du portefeuille des particuliers. Ce processus a déjà commencé avec l’émission de billets de capital à recours limité et d’actions privilégiées d’une valeur nominale de 1 000 $ à l’intention des investisseurs institutionnels seulement.

En avril, nous avons réduit notre pondération perpétuelle directe dans le Fonds et le FNB d’environ 20 % à 15 %. Nous avons utilisé le produit en espèces pour augmenter nos pondérations dans les réinitialisations fixes d’environ 70 % à 78 %. Plus particulièrement, nous avons utilisé les résultats faibles récents pour augmenter la pondération des réinitialisations fixes bancaires à prix réduit lorsque nous entrevoyons un potentiel de risque-rémunération favorable. Comme nous l’avons mentionné précédemment, nous pensons qu’il est probable que les réinitialisations à taux fixe des banques soient remboursées à la prochaine date de rajustement, et que si elles ne sont pas remboursés, elles offriraient quand même un rendement attrayant de plus de 6 % par rapport aux niveaux actuels des prix.

Nous pensons que la combinaison de la hausse des taux d’intérêt et de la pénurie de produits d’actions privilégiées sera positive pour le rendement à l’avenir. Nous prévoyons que la pression de vente des FNB s’atténuera et considérons le repli d’avril comme un point d’entrée attrayant pour les investisseurs.

En tant que gestionnaire actif, nous recherchons continuellement les meilleures opportunités sur le marché des actions privilégiées pour nos investisseurs, et ce, en fonction des conditions du marché.

1, 2. Bloomberg Finance L.P.